Fréquences & Structures
L'usine, la matière, l'écoute
Ce bâtiment fut une usine de transformation de courant électrique. Une charpente d'acier, des bobines, des rails, une structure au service d'une fréquence. Cette mémoire industrielle n'est pas un décor. Elle entre en résonance avec ce que Jean Marc Larhantec cherche depuis 2018, convertir une énergie reçue en matière déposée, et donner à cette matière une architecture.
Né en Bretagne, dans le sud du Finistère, à Douarnenez, Jean Marc Larhantec grandit entre la mer et la lumière rasante. Entre 1998 et 2000, il fonde sa première agence de design à Marseille, à quelques kilomètres d'ici. Cette ville de lumière dure et de matière minérale marque durablement son regard. Il dirige ensuite, pendant plus de quinze ans, des identités visuelles et des films publicitaires pour Chanel, Louis Vuitton, Rolls-Royce, Yves Saint Laurent. Ces maisons les plus exigeantes au monde lui apprennent une discipline du cadrage, une culture du silence dans la composition. En 2018, il bascule entièrement dans la peinture abstraite, non comme rupture, mais comme retour à un geste premier.
Sa méthode tient en deux temps. La fréquence d'abord, un album choisi, écouté en boucle, parfois plusieurs heures, jusqu'à ce que la musique cesse d'être un fond pour devenir un état physique, tension d'un riff, poids d'un grave, qualité du silence. La structure ensuite, sur toile de lin, l'acrylique heavy body, les médiums épais et les charges minérales autorisent des gestes amples et conservent leur trace. Le tableau n'illustre pas la musique, il en bâtit la charpente.
« La toile n'est pas une image. C'est une fréquence rendue visible. »
La démarche
Chaque toile naît de l'écoute obsessionnelle d'un album, d'une fréquence, d'un silence. Le rythme, les tensions et les vibrations de la musique s'inscrivent dans la matière, à coups de couches, de retraits, de charges minérales sur la toile de lin.
L'œuvre n'est pas une image, elle est la trace visuelle d'une expérience perceptive. Cette exposition vous invite à la traverser comme une partition. Visuel et sonore se rejoignent. L'œuvre se révèle dans l'écoute.